Édition 2024


9ème Edition

Édition 2024

« Durant deux soirées, lundi 5 et mardi 6 août, le village a vécu une nouvelle aventure jazz avec l’édition 2024 de Blue Motte jazz, un événement immanquable. Un programme éclectique pour le plaisir de chacun, avec une première soirée académique, apéro avec jazz des sixties, et au théâtre de verdure Pierre Coulon Cerisier, qui revisitait les thèmes de Dollar Brand et ensuite Dmitry Baevsky et son quintet, un jazz virtuose et académique, avec un jeune trompettiste slovène de grand talent, Vid Sketa.
Le mardi, on remettait cela, avec un soleil aux accents du sud, l’Argentine d’Antonella Lucia, une présence qui envoûtait le public, une voix superbe formant ensemble le Soary quartet, et au deuxième set, Catia Verneck et son quartet, dans la fabuleuse tradition de Tania Maria, qui l’a inspirée. Ce jazz métissé de bossa nova, une musique qui remue dès les premières mesures.
De nombreux spectateurs sont des fidèles, présents aux précédentes éditions, et comme nous le disaient Michel et Véronique, venus des environs de Valence : « Nous allons souvent écouter des festivals de jazz, mais ici il y a une atmosphère unique. Il y a le jazz, certes, mais aussi le lieu qui est magique, avec la montagne derrière, les toits du village, un fond de scène qui contribue à la magie du moment. On reviendra ! »

Le Dauphiné Libéré – 09 août 2024

« Blue Motte Jazz (on ne se lasse pas de ce nom) réussit à proposer une programmation complète sur deux soirées dans un village de quatre cents habitants plutôt loin de tout dans une vallée du fin fond de la Drôme. C’est bien la preuve que quand on veut on peut. »

Pascal derathe Jazz RHONE ALPES

Notre équipe bénévole qui fait vivre notre festival et le faire perdurer.

Lundi 5 août 2024

Ouverture de la buvette et jeux en bois sur la place du Fort dès 17h !

Place au jazz instrumental pour cette première soirée ! Avec un concert accessible librement sur la place du Fort, JEAN PHILIPPE SEMPERE QUARTET nous a proposé un répertoire résolument tourné vers le Jazz Soul des années 60 et la musique brésilienne. Le quatuor rassemble Gérard Murphy au saxophone et à la clarinette, Thierry Larosa à la batterie, Pierre Fenichel à la basse et Jean-Philippe Sempéré à la guitare. ILs ont interpreté des grands standards de jazz et des compositions personnelles dans une belle complicité musicale ! Rendez-vous à 18h et à 23h.

Dans le jardin du Fort en 1ère partie, PIERRE COULON CERISIER QUARTET ! Ce groupe rassemble le piano de Pierre Coulon Cerisier, le trombonne de Beppe Caruso, la contrebasse de Romain Delorme et la batterie d’Eric Bretheau. Le quartet nous a embarqué dans l’univers sonore du compositeur et pianiste sud-africain Dollar Brand, à travers l’interprétation de standards et de compositions personnelles. Une musique forte et expressive dans laquelle l’énergie est au service d’un sens incroyable de l’improvisation !

En 2nde partie, le DMITRY BAEVSKY QUINTET a poursuit la soirée avec une formation à l’initiative du formidable saxophoniste alto de la scène jazz new-yorkaise Dmitry Baevsky ! Le trompettiste slovène Vid Šketa, le pianiste Vincent Strazzieri, le contrebassiste Gabriel Sauzay et le batteur Paul Morvan ont accompagné notre vedette saxophoniste. Avec un timbre sombre et chaleureux, une technique redoutable, un sens évident du drive, c’était une soirée sensible, virtuose et vivante !

Et pour finir la soirée en beauté, nous avons retrouvé JEAN PHILIPPE SEMPERE QUARTET à 23h sur la place du Fort !

« Ce quartet a été fondé il y a trois ans par le pianiste Pierre Coulon Cerisier à l’occasion d’une rencontre avec Beppe Caruso, tromboniste, tubiste, compositeur et arrangeur italien.
Pierre Coulon Cerisier, peu connu sous nos latitudes (il vient de Montpellier) a collaboré dans le passé avec Glenn Ferris ; Jean-Marc Padovani ou encore Géraldine Laurent.
Le leader nous avoue être très inspiré par le répertoire du pianiste sud-africain Abdullah Ibrahim (il préfère utiliser son pseudo Dollar Brand ) et s’inspire de son univers dans ses compositions. (Voir ici la chronique d’Abdulah Ibarahim en décembre 2023 à Grenoble)
Avant le concert, Pierre Coulon-Cerisier nous explique que bien qu’il ne joue pas a priori du blues cette musique l’inspire aussi énormément dans sa démarche de création.
Le set débute avec une composition Étoile du Sud en référence au blues qu’il affectionne… bien que ce ne soit pas du blues.
D’entrée, on comprend que le set tournera autour des solos du tromboniste, tout en finesse et élégance, avec parfois quelques mesures peu orthodoxes et ceux du pianiste. Le duo est musicalement très solide et soudé.
Arrivent ensuite deux autres compositions, Spécial B. et Two couleurs blues
La composition La nuit au Salagou fait référence à un lac de leur région du Lodève, endroit magnifique (seul bémol, il est également très apprécié des moustiques !).
La ballade du concert sera Bleue ta nuit, la batterie se fait très discrète, idem la contrebasse pour tisser une structure des plus calmes pour le trombone qui joue tout en douceur.
Retour à du « musclé » avec une composition au titre provisoire « numéro 9 ».
Calypso minor est un morceau de Dollar Brand, il débute par un solo de contrebasse.
Le dernier morceau s’appelle Calder mobile car « on se demande comment il tient debout » nous dit Pierre Coulon-Cerisier… ce qui n’est pas faux. Beppe nous offre un drôle de chorus avec son trombone et sa sourdine.
Ce set aura été une belle découverte d’une formation de PACA »

Pascal derathe Jazz Rhone Alpes août 2024

« Dmitry Baevsky nous revient avec un nouveau quintet composé de jeunes loups talentueux avec une rythmique 100% française : Vincent Strazzieri au piano ; Gabriel Sauzay à la contrebasse et Paul Morvan: à la batterie. Et à ses côtés le très jeune slovène et surtout très prometteur Vid Šketa à la trompette. Une grande aisance et un phrasé scintillant. Il alterne les chorus avec Dmitry comme s’ils avaient fait cela depuis des années.
Le répertoire joué comporte uniquement des reprises de titres plus ou moins connus, ici plutôt moins, ce qui fait l’originalité de la proposition. C’est le principe d’un jazz classique voire de « stricte obédience » où chacun se réapproprie les œuvres des aînés et leur donne une nouvelle jeunesse, une nouvelle lecture.
The joker de Lee Morgan
Shabozz de Gigi Gryce
LaRue de Clifford Brown
Wives and lovers de Burt Bacharach
La ballade du set : All fox
Simple pleasure de Cedar Walton, et là, ça va très vite et chacun des cinq musiciens prendra un solo (du genre énervé )

Dmitry Baevsky: sax alto ; Vincent Strazzieri: piano ; Vid Šketa: trompette ; Gabriel Sauzay: contrebasse ; Paul Morvan: batterie« 

Pascal derathe Jazz Rhone Alpes août 2024

Mardi 6 août 2024

Ouverture de la buvette et jeux en bois sur la place du Fort dès 17h !

Cette seconde soirée a fêté le jazz du soleil, de la Drôme au Brésil en passant par l’Italie ! Sur la place, en accès libre à 18h et à 23h, le groupe BERZINGUE nous a emmèné faire un détour au pays du jazz de comptoir, répertoire populaire, énergique et envoûtant… Ils sont 4 drômois : Lucie Girard au violon, Ivan Gorlier et Cesar Nicolaïeff  à la guitare, Maxime Tritschberger à la contrebasse, et en plus ils chantaient ! À toute berzingue, en valse ou en ballade, peu importe, on a vibré au son des cordes !

A 20h dans le jardin du fort en 1ère partie SOARY QUARTET a dévoilé son univers jazzy, ses chansons aux couleurs latines qui puisaient leur énergie dans des rythmes venus d’Afrique. A l’origine du groupe, la chanteuse Antonela Lucía et le guitariste Cyril Salvagnac soutenus par Fabrice Camboulive à la contrebasse ou à la basse électrique et par Laurent Meyer aux percussions. Iks ont tendus un pont musical imaginaire entre les bords de la Méditerranée et le Brésil!

Nous l’espérions déjà en 2023, c’était un grand plaisir d’accueillir CATIA WERNECK QUARTET pour la seconde partie de ce concert ! Catia Werneck au chant accompagnée par Noé Chantraine au piano, Benjamin Asnar à la basse électrique et Christophe Bras à la batterie, nous ont présenté le programme « Tribute to Tânia Maria ». Le titre nous en dit long sur le répertoire de ce concert : la célèbre chanteuse, pianiste et compositrice de jazz Tânia Maria est connue pour chanter en anglais et en portugais, mélanger les styles, scatter ou siffler et jouer simultanément ses mélodies au piano ! Catia Werneck Quartet a rendu hommage à cette immense interprète et nous avons enflammée la soirée entre bossa nova, samba, jongo et pop… Cette voix qui fait carrement danser le jazz !

Le groupe BERZINGUE a clôturé le festival à 23h sur la place du Fort avec un dernier set ! Nous les avons écoutés jusqu’à ce que les notes nous ont enivrés (une boisson de la buvette à la main). Nous avons dansés ensemble pour fêter le jazz, les musiques populaires et le plaisir d’être réunis dans la joie !

« Le Soary Quartet est la réunion des musiciens du Mystere Trio avant qu’il ne devienne quartet et de la chanteuse Antonela Lucía
Bien qu’argentine, la chanteuse écrit ses chansons en portugais et en italien. Elle fait passer des messages et les annonce dans un français impeccable.
Cyril Salvagnac, à la guitare et aux compositions, dialogue avec la jolie voix claire d’Antonela Lucía qui réalise quelques prouesses vocales.
Nous entendrons essentiellement des compositions (musiques de Cyril Salvagnac et textes de Antonela Lucía)
Autorreferencia (auto-référence)
Emigrante qui raconte l’histoire des déracinés dont elle fait partie.
Un journo nuovo, l’histoire des gens qui reprennent leur vie à zéro suite à un désenchantement.
Al sol est scatté car « ça va trop vite ».
Respira est un hommage au monde végétal qui nous fournit une bonne partie de l’oxygène que nous respirons.
Tiempo presente (le temps présent), et qui justement est superbement placé.
Lacrima di mare, un enfant qui a soif et qui n’a rien à boire, une réflexion autour de l’eau comme ressource majeure.
Bidonville est la reprise de Nougaro de la chanson originale de Baden Powell.
Tercera órbita (troisième orbite), c’est bien beau de rêver aux étoiles, mais faudrait avant tout s’occuper de notre sol.
La bohemia, la chanson d’Aznavour en italien.
 
Tout au long de ce set, nous sommes séduits par les qualités vocales de cette chanteuse inconnue de nos colonnes. Capable d’une belle puissance sur plusieurs octaves tout en collant avec précision aux mélodies « sur-mesure ». L’ensemble est d’une belle cohérence. Il faut préciser que le trio se connait sur le bout des doigts et tourne ensemble depuis de longues années. La connivence est palpable.
 
Ce fut une belle découverte, à revoir avec plaisir.
 
Antonela Lucía: voix, violon, textes ; Cyril Salvagnac: guitare, composition ; Fabrice Camboulive: basse électrique ; Laurent Meyer: batterie, percussions.

Pascal derathe Jazz Rhone Alpes août 2024

« La chanteuse d’origine carioca et désormais parisienne Catia Werneck nous propose avec son quartet un hommage à son idole Tania Maria.
Il s’agit donc de bossa… mais avec du jazz d’aujourd’hui dedans.
D’emblée, le très étonnant pianiste Noé Chantraine (20 ans) prend un chorus des plus sympas et donne le la.
La chanteuse met rapidement le public dans sa poche en s’excusant d’être en baskets : elle a oublié ses chaussures de scène dans les loges (à sa décharge le chemin entre les loges et la scène n’est pas adapté aux talons hauts).
Catia enchaîne les titres, nous sommes au Brésil, elle propose pour commencer un « pot pourri » (elle préfère ce mot à « medley ») de bossa nova « made in Brazil » avant d’entrer dans le vif du sujet, c’est-à-dire son hommage à « la plus grande jazzwoman du Brésil », Tania Maria. Et c’est vrai qu’il y a de la matière tant cette grande voix a reçu un accueil mondial. Ses plus grands titres seront joués ou pour le moins évoqués. Certains parlent au public qui les reprend en chœur.
Catia Werneck en grande professionnelle arrive sans problème à faire participer le public, laissant même son micro pour un temps.
Elle laisse aussi beaucoup de champ à ses musiciens qui le méritent. Benjamin Asnar nous livre un intense solo de basse, quant à Christophe Bras, il assure « sérieux » sur ses fûts et cymbales. Avec un de ses solos, il a même gagné le droit de ne pas conduire le lendemain matin (sic).
Le public français a toujours un faible pour ce style musical gorgé de soleil et évocateur de souvenirs et ce soir, il était servi. »
 
Catia Werneck: voix ; Noé Chantraine: piano ; Benjamin Asnar: contrebasse ; Christophe Bras: batterie

Pascal derathe Jazz Rhone Alpes août 2024

BLUE MOTTE JAZZ 2024